Hier après-midi, j'ai de nouveau appelé le véto ; qui m'a dit ne plus rien pouvoir faire. De voir avec la clinique de Falaise (spécialisée dans les chevaux). Je les ai appelés, afin de savoir si un transport était envisageable, une véto est venue: réhydratation par perf (6litres en 30 minutes), détection d'une phlébite à l'encolure. On décide d'hospitaliser la jument après injection d'un petit dopant (corticoïde) afin qu'elle ait suffisamment de punch pour le voyage. 18h30, je rejoins Marlène (merci JP, Marlène et Fred) aux écuries et on vient chercher Ursuline avec le petit camion.

22h45 je suis chez moi, Ursu est restée là-bas aux soins intensifs.

Pronostic hyper réservé: le foie est très très malade. Les parois d'intestin font 1cm d'épaisseur...(on considère qu'ils ont épaissis à compter de 3 mm)

Elle est déshydratée et son sang est rempli de toxines. La biopsie du foie n'est pas envisageable à ce niveau. Ce matin, j'y suis retournée mais pas mieux. Elle m'a vue, j'espère qu'elle a compris qu'on prenait grand soin d'elle.

J'y suis retournée ce soir. Pas d'amélioration sauf qu'elle a bu, qu'elle a mangé quelques pommes (5 ou 6) mais aucune amélioration des analyses. Elle ne souffre pas donc on passe le week-end avant d'envisager quoi que ce soit. Dans le meilleur des cas, il faudra envisager un changement d'alimentation car le foie ne traite plus les protéines et les envoie direct comme ça. Ce qui lui empoisonne le sang.
J'apprécie en tous les cas le professionalisme et la gentillesse des vétérinaires et auxiliaires de la clinique. Ils prennent réellement en compte le facteur humain. Ils téléphonent à toute heure pour rendre compte des évolutions, répondent à toutes mes questions avec tact et amabilité. Ils prennent en charge ma jument âgée avec le même sérieux que si elle avait été un jeune cheval de très grande valeur. Je la sais entre de bonnes mains.
Malgré cela, je n'arrive pas à me déstresser. Je suis sur les nerfs en permanence et attends lundi avec impatience et appréhension. La vie est injuste, j'en suis plus consciente que jamais ce soir. Plus on passe de temps avec ceux qu'on aime et moins on est prêt à les perdre. Que ceux qui pourraient me dire qu'elle a  23 ans, que c'est déjà très bien, se taisent! Je ne suis pas prête à entendre des choses de la sorte. Tant qu'elle a des chances de vivre sans souffrir, je ferai ce qu'il faut pour qu'elle vive décemment. Ma décision est prise, j'ai vu avec les vétérinaires de la clinique qui ont compris ma démarche. Si jamais une possibilité de traitement s'avérait plus difficile pour des résultats trop courts dans le temps, ils sauront orienter ma décision. Je m'appuierai sur leur jugement même si rien que le fait d'y penser m'arrache déjà les tripes.

Désolée si mes phrases sont illisibles et décousues, je vous parle comme je peux, à mesure de mes forces.